Activités se déroulant la première semaine
Annoncer la couleur
Il convient d'annoncer, dès la première semaine d'apprentissage, que l'entreprise va mettre en oeuvre un programme de prévention du tabagisme.
En procédant ainsi, on donne aux jeunes la possibilité d'en parler autour d'eux, avec leurs copains, leurs parents, etc. avant que le projet proprement dit ne démarre. Il importe, en effet, qu'ils n'aient pas l'impression d'y être entraîné contre leur gré. Le fait qu'ils soient partie prenante au moment où se prend la décision d'entrer dans ce processus est capitale, car leur participation au projet et le respect des engagements que cela implique en dépendront dans une large mesure.
Initier au projet
Il faut prévoir suffisamment d'espace-temps pour entrer dans le projet. Les apprenti-es doivent comprendre qu'il ne s'agit pas de les brimer. Leur employeur et l'école professionnelle se soucient d'eux. Ils veulent éviter qu'ils ne deviennent des consommateurs réguliers de tabac, sachant avec quelle rapidité s'installe la dépendance à la nicotine et combien l'habitude de fumer est fortement ancrée dans notre société.
Il est conseillé de faire l'introduction au projet "Apprentissage sans tabac" en petits groupes. En effet, ce cadre sécurisant et confidentiel facile les échanges entre les jeunes; ils peuvent surmonter leur timidité, réfléchir à leurs habitudes en matière de tabac et prendre les décisions adéquates.
Informer largement sur le tabac et sa consommation
Idéalement, le démarrage du projet devrait rapidement être suivi d'une séance d'information sur le tabac. Un stand où peut être mesurée la teneur en monoxydes de carbone et où l'on peut se procurer de la documentation, éventuellement complété par des activités de prévention plus ludiques, notamment sous forme de concours, peut être monté à proximité du restaurant du personnel et desservi durant les pauses, de façon à ne pas entraver e fonctionnement de l'entreprise.
Récompenses: quelques idées tirées de la pratique
Concours
Afin de permettre aux jeunes d'effectuer leur apprentissage dans un environnement professionnel sans tabac, le centre de prévention du canton de Zurich a lancé un concours destiné aux entreprises formatrices, Le concours s'adresse à tous les apprentis, fumeurs et non-fumeurs, garçons et filles, pour autant qu'ils y participent en groupe. Ce qui est déterminant, c'est qu'aucun de ses membres ne fume dans l'entreprise et durant les heures de travail. En lieu et place des traditionnelles "pauses cigarette", les entreprises offrent d'autres possibilités de détente, plus favorables à la santé.
L'administration communale montre le bon exemple
L'administration communale de Wald a participé à ce concours. Elle voulait faire oeuvre de pionnier et inciter ainsi d'autres entreprises à se lancer à leur tour. Mission accomplie: non seulement, elle est parvenue à garder intacte la motivation de ses 6 apprenti-es, qui sont tous restés non-fumeurs, mais elle leur a également offert un environnement professionnel sans tabac.
Vacances supplémentaires
Depuis mars 2000, la fondation pro juventute dispose d'un projet " bonus non-fumeur ". Semaine de vacances supplémentaire, bons de voyage et argent de poche : les apprenti-es qui s'abstiennent de fumer jusqu'en fin de formation ont tout à y gagner. Sur demande, pro juventute offre aux personnes désireuses d'arrêter de fumer des conseils et un programme personnalisés en matière de sevrage tabagique. Pro juventute a calculé que 3 pauses cigarette de 3 minutes par jour correspondent à une perte nette de 80 heures de travail par année.
À Thoune, un postulat demande que les apprenti-es de l'administration communale bénéficient d'une semaine supplémentaire de vacances s'ils ne fument pas. Là encore, on préfère la motivation à l'interdiction.
À Pfäffikon (ZH), une démarche identique a déjà abouti. L'administration communale a misé sur la collaboration avec d'autres entreprises et ses efforts ont été couronnés de succès. L'association locale des arts et métiers s'est tout de suite mise de la partie. Son président approuve pleinement cette initiative en faveur de la santé de la jeunesse, à condition que personne ne se sente mis sous pression. Il est vrai qu'à Pfäffikon l'opinion publique était déjà sensibilisé: peu auparavant, le journal local avait publié une enquête sur les coins non-fumeurs dans les établissements publics et reçu quantité de lettres de lecteurs.
Primes personnalisées
Actuellement, la Rentenanstalt/Swisslife envisage d'établir un système de primes personnalisées. De premières idées, allant dans le sens de jours de congé payé supplémentaires ou d'une contribution financière à un séjour linguistique à l'étranger, sont à l'étude.
L'entreprise Huber+Suhner à Pfäffikon offre un bon de formation de CHF 1000.-- à chaque jeune qui termine son apprentissage sans avoir fumé. La récompense pour cette attitude favorable à la santé va donc de pair avec l'idée qu'apprendre est un processus qui dure toute la vie. Ce projet s'inspire de celui de la commune de Pfäffikon, qui a décidé d'offrir une semaine de vacances supplémentaire à ses employé-es qui ne fument pas.
La commune de Weisslingen offre un salaire mensuel supplémentaire à tous ceux et celles qui terminent leur apprentissage sans avoir consommé de tabac.
La commune de Rorbas met en jeu une prime de CHF 1'000.-, attribuée en fin d'apprentissage, et paie une prime de CHF 100.-- à tous ceux qui n'ont pas fumé durant cette période.
En ville de Bienne, un postulat a été déposé pour que l'on récompense tout Apprentissage sans tabac effectué dans l'administration communale en offrant un voyage (Paris pour les Alémaniques, Berlin pour les Romands).
Week-end aventure
La Rentenanstalt/Swiss Life récompense ses apprentis qui s'abstiennent de fumer durant une période déterminée par un tirage au sort avec week-end prolongé de rafting, de saut à l'élastique ou de parachutisme à la clé.
Contrôle de l'abstinence tabagique
Toute forme de contrôle, quelle qu'elle soit, doit être connue et discutée dès le début du projet. Les personnes qui veulent entrer dans le projet doivent, au préalable, donner leur accord pour tous les contrôles non-annoncés qui seront effectués dans ce cadre.
Relevons ici que l'on peut aussi décider de renoncer à tout contrôle de ce type ; c'est ce que font généralement les petites entreprises. Ainsi, la fondation pro juventute ne contrôle pas les jeunes qui prennent part à son programme. Toutefois, dans une entreprise de dimension plus importante et qui forme un assez grand nombre d'apprenti-es, vérifier si l'abstinence tabagique est bel et bien respectée peut renforcer la crédibilité de l'ensemble du projet.
Une bonne possibilité de vérifier si une personne n'a vraiment pas fumé au cours des dernières 24 heures est de mesurer son taux de monoxydes de carbone en recourant à des appareils dont les services de prévention du tabagisme se servent sur leurs stands lors de manifestations grand public. Les anciens fumeurs sont souvent assez impressionnés de voir que leur taux de CO en ppm tend désormais vers 0.
Se faire parrainer
Se déshabituer du tabac présente de réelles difficultés, même pour ceux et celles qui ne fument pas depuis très longtemps. Ainsi, près de la moitié des jeunes entre 17 et 19 ans ont déjà essayé d'arrêter au moins une fois - sans succès !
Raison pour laquelle des récompenses judicieusement choisies - parfois aussi appelées "renforcement positif" - et un accompagnement motivant, empreint de compréhension, peuvent produire de véritables petits miracles. Les bénévoles qui jouent ce rôle de " coach " ne peuvent certes pas se substituer aux professionnels du sevrage tabagique, mais leur appui n'en est pas moins très précieux.
De toute évidence, mieux vaut faire appel à des personnes qui travaillent dans le même département ou dans le même service. Elles seront plus proches du jeune lorsque celui-ci ressentira le besoin irrépressible d'aller fumer une cigarette. Les parrains et les marraines doivent être à l'écoute de leur " filleul-e " et savoir le motiver, le cas échéant en partageant sa pause. Les personnes qui ont arrêté de fumer et qui se souviennent encore de leur propre parcours sont peut-être mieux placées pour jouer ce rôle.
Se retrouver une fois par mois
Les jeunes qui veulent arrêter de fumer devraient pouvoir se réunir pour discuter de leurs progrès mais aussi des difficultés rencontrées. Ces rencontres mensuelles d'une demi-heure devraient se tenir régulièrement, du moins pendant le premier semestre, et bénéficier pendant les trois premiers mois de la présence d'un conseiller ou d'une
conseillère spécialisé-e.
Conclusion d'un contrat à la fin de la 1ère semaine
avec des individus
Actuellement, la Rentenanstalt/Swisslife envisage d'établir un système de primes personnalisées. De premières idées, allant dans le sens de jours de congé payé supplémentaires ou d'une contribution financière à un séjour linguistique à l'étranger, sont à l'étude.
L'entreprise Huber+Suhner à Pfäffikon offre un bon de formation de CHF 1000.-- à chaque jeune qui termine son apprentissage sans avoir fumé. La récompense pour cette attitude favorable à la santé va donc de pair avec l'idée qu'apprendre est un processus qui dure toute la vie. Ce projet s'inspire de celui de la commune de Pfäffikon, qui a décidé d'offrir une semaine de vacances supplémentaire à ses employé-es qui ne fument pas.
La commune de Weisslingen offre un salaire mensuel supplémentaire à tous ceux et celles qui terminent leur apprentissage sans avoir consommé de tabac.
La commune de Rorbas met en jeu une prime de CHF 1'000.-, attribuée en fin d'apprentissage, et paie une prime de CHF 100.-- à tous ceux qui n'ont pas fumé durant cette période.
En ville de Bienne, un postulat a été déposé pour que l'on récompense tout Apprentissage sans tabac effectué dans l'administration communale en offrant un voyage (Paris pour les Alémaniques, Berlin pour les Romands).
avec des groupes
Le maître d'apprentissage passe un accord écrit avec un groupe d'apprenti-e-s qui ont décidé de prendre l'engagement de ne pas fumer durant toute une année. Ce contrat précise les conditions cadre définies d'un commun accord.
On peut, par exemple, décider
- que, si l'un des membres du groupe rechute ou commence à fumer, il faut le signaler immédiatement et qu'alors tout le groupe se mobilise pour soutenir le retour à l'abstinence tabagique dans les dix jours qui suivent.
- que le non-respect des règles par une seule personne du groupe n'est pas sanctionné une première fois
- que, si la même personne viole une deuxième fois les règles fixées, elle est exclue du projet.
- que tout le groupe est éliminé du projet si deux apprenti-e-s rompent les règles.
En outre, ce contrat mentionne les récompenses qui peuvent être obtenues en tenant bon. Il porte sur 12 mois et il est renouvelé d'année en année, afin que les jeunes n'aient pas l'impression de s'engager pour une durée tellement longue qu'elle en devient décourageante.
Une entreprise qui ne forme que peu d'apprenti-e-s doit évidemment adapter le projet. Il est important que l'apprenti-e soit bien soutenu-e par ses collègues immédiats et que ceux-ci le ou la motivent au maximum. Il est conseillé d'établir un contrat similaire, en procédant simplement aux adaptations nécessaires pour qu'il soit applicable dans cette situation spécifique.
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